Ala-e-Din au Ciné XIII Théâtre

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Ma dernière création, Ala-e-Din, se joue actuellement au Ciné XIII Théâtre, au sommet de la butte Montmartre, jusqu’au 8 avril, tous les mercredi et samedi à 15h30 et tous les jours sauf le dimanche pendant les vacances d’hiver. Un spectacle familial plein de magie, de combats, de chants : venez nombreux!

Ecrit par : Jonathan Dos Santos & Morgane Quiguer
Mise en scène : Loreleï Daize
Avec : Matthieu Brugot, Jonathan Dos Santos, Morgane Quiguer, Edward Wolf
Scénographie : Louie Talents
Compositeur : Guillaume Renaud
Il était une fois, en Perse, un jeune homme du peuple, charmeur et malicieux, nommé Aladdin. Tandis que dans les rues, une révolte gronde contre le pouvoir en place, Aladdin cherche à aider sa mère gravement malade. Loin de l’agitation populaire, retranchés derrière les murs du palais, le sultan n’est autre que le jouet de son grand vizir Tahar, adepte de magie noire et obsédé par la découverte d’une lampe merveilleuse renfermant un Génie. Au cœur de cet écrin doré, la princesse Yasmine, fille du sultan, rebelle et intrépide, rêve à plus de liberté. Dans ce contexte difficile, les destins croisés d’Aladdin et Yasmine pourraient bien faire naître l’amour et changer le cours des choses…
Renseignements et réservations:
www.cine13-theatre.com
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Comment réinventer Aladin en 2015 ? L’esthétique orientale tient une place toute particulière dans mon parcours : lors de mes études à l’Ecole du Louvre, j’ai consacré un mémoire au costume traditionnel féminin en Syrie-Palestine, et surtout, c’est lors d’un stage au Centre National du Costume de Scène de Moulins, en participant à la mise en place de l’exposition Costumes des Mille et Une Nuits que j’ai décidé de devenir à mon tour costumier, au milieu de dizaines de caftans, sarouels et turbans issus de 300 ans de créations scéniques…

Autant dire que je considérais, des années plus tard,  l’idée de me pencher sur Ala-e-din avec autant d’excitation que d’appréhension. Comment essayer d’apporter quelque chose de neuf dans un univers sans cesse réinventé par des générations d’artistes et décorateurs depuis le XVIIe siècle? Je n’envisageais pas d’échapper à la vision fantasmée d’un Orient purement imaginaire: le texte, après tout, est lui aussi une réécriture moderne du conte original. Il m’est alors apparu intéressant de retranscrire littéralement ma passion initiale pour l’Histoire de l’Art en exprimant à travers chaque costume une facette de l’héritage culturel remarquable du Moyen-Orient.

Ce choix était d’autant plus motivé que la richesse et la beauté de ce patrimoine, tant artistique qu’historique, sont depuis plusieurs années menacés de manière dramatique par d’incessants conflits, et, plus récemment, purement anéantis par l’obscurantisme religieux fanatique, dont les destructions sur des monuments millénaires sont, hélas, désormais irrémédiables…
Bien entendu, il était avant tout fondamental que ces références artistiques soient cohérentes avec l’histoire de nos personnages et certains choix se sont vite imposés comme des évidences.

Ainsi, Ala-e-din et sa mère, descendants de l’ancienne famille royale, seront drapés dans les haillons de leur gloire passée, rappelant les superbes statues funéraires de l’ancienne Palmyre, tandis que la cour de l’actuel Sultan évoquera des dynasties plus tardives comme les perses Safavides ou les turcs Ottomans. Les références sont multiples: enluminures persanes, formes architecturales et motifs décoratifs inspirées des monuments d’Ispahan ou de Samarkand, peintures orientalistes du XVIIIe siècle, sculptures des cités antiques assyriennes et babyloniennes… Tout un univers visuellement très riche et qui devrait réserver quelques surprises !